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Illustration éditoriale : une série de points converge vers deux disques égaux reliés par un arc pointillé, image d'un capital versé en deux fois

ARCE : toucher son chômage en capital pour créer son entreprise

ARCE : 60 % de vos droits au chômage versés en deux fois pour créer ou reprendre une entreprise. Conditions, Acre, calcul, ARE ou ARCE, échec du projet.

Par Mes Droits Chômage Mis à jour le 11 min de lecture

L’ARCE (aide à la reprise ou à la création d’entreprise) permet à un demandeur d’emploi qui touche l’allocation chômage (ARE) et crée ou reprend une entreprise de recevoir 60 % de ses droits restants sous forme de capital, versé en deux fois à six mois d’intervalle. Elle remplace alors le versement mensuel de l’ARE : il faut choisir entre les deux.

📌 L’essentiel en cinq points :

  • l’ARCE est réservée aux personnes qui perçoivent l’ARE et créent ou reprennent une entreprise en France, après la fin de leur contrat de travail ;
  • il faut aussi bénéficier de l’Acre, une exonération partielle de cotisations sociales, qui se demande à l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début de l’activité ;
  • le montant est égal à 60 % des droits à l’ARE restants au début de l’activité, moins une participation de 3 % pour les retraites complémentaires ;
  • le 2e versement n’a lieu que si l’activité existe toujours et que vous n’êtes pas en CDI à temps plein ;
  • si l’entreprise s’arrête, les droits restants peuvent être repris, après un différé qui dépend du 2e versement.

Sources : service-public.gouv.fr, F15252, Unédic, fiche ARCE et francetravail.fr, dates en fin d’article.

Qu’est-ce que l’ARCE ?

L’ARCE est une aide financière versée par France Travail. Elle ne s’ajoute pas à vos allocations : elle consiste à recevoir une partie de vos allocations chômage sous forme de capital, pour financer le lancement ou la reprise d’une entreprise.

Quand vous créez ou reprenez une entreprise en étant indemnisé, vous avez en effet deux options :

  • garder l’ARE chaque mois, en la cumulant partiellement avec les revenus de votre activité non salariée ;
  • opter pour l’ARCE, qui vous verse d’un coup, en deux fois, une partie de vos droits restants.

L’ARCE ne peut pas être versée en plus de l’ARE : si vous la choisissez, vous ne pouvez plus cumuler l’allocation avec les revenus de l’activité créée ou reprise. Pour les règles générales de l’allocation chômage (conditions, montant, durée), voir notre guide l’allocation chômage (ARE).

Sources : service-public.gouv.fr, F15252 ; francetravail.fr, « ARCE ».

Quelles sont les conditions pour toucher l’ARCE ?

France Travail et service-public posent trois conditions :

  1. avoir créé ou repris une entreprise en France après la fin de votre contrat de travail et, selon France Travail, au plus tôt à compter de votre inscription comme demandeur d’emploi ;
  2. bénéficier de l’ARE ;
  3. bénéficier de l’Acre (voir plus bas).

L’Unédic ajoute que vous ne devez pas déjà bénéficier du cumul de l’ARE avec une rémunération, et que vous devez justifier de la création ou de la reprise par un extrait Kbis, une synthèse INPI validée ou tout document équivalent.

Quelques situations particulières :

  • Démarches commencées pendant le préavis. Vous pouvez préparer votre projet pendant le préavis, un congé de reclassement ou un congé de mobilité, à condition de créer ou reprendre l’entreprise après la fin du contrat. Si vous l’avez créée avant la fin du contrat, l’ARCE n’est pas possible, mais le cumul de l’ARE avec vos revenus non salariés l’est.
  • Entreprise à l’étranger. L’Unédic précise que l’ARCE ne peut pas être attribuée.
  • Contrat de sécurisation professionnelle (CSP). Après un licenciement économique, vous pouvez demander l’ARCE, mais vous quittez alors définitivement le CSP : vous passez de l’allocation de sécurisation professionnelle (ASP) à l’ARE, et c’est l’ARE qui sert de base au calcul.

Sources : francetravail.fr, « ARCE » ; service-public.gouv.fr, F15252 ; Unédic, fiche ARCE ; Unédic, « Je veux créer mon entreprise ».

Quel est le montant de l’ARCE ?

L’ARCE est égale à 60 % du montant des droits à l’ARE restant dus à la date d’attribution de l’aide, c’est-à-dire le nombre de jours d’allocation qu’il vous reste multiplié par votre allocation journalière. En pratique, cette date est celle du début de votre activité, une fois toutes les conditions réunies (ou celle de l’ouverture de vos droits, si elle est plus tardive). Une participation de 3 % au financement des retraites complémentaires est ensuite déduite du capital.

Une page de France Travail parle de la « date de création » de l’entreprise. Le texte qui fait foi est le règlement d’assurance chômage : il retient les droits restants « à la date d’attribution de l’aide » (article 35), et l’Unédic la situe au début de l’activité.

France Travail précise que le taux de 60 % ne vise pas les intermittents du spectacle relevant des annexes 8 et 10 du règlement d’assurance chômage.

Deux précisions de l’Unédic :

  • le capital se calcule sur l’allocation en vigueur à la date d’attribution : si votre ARE est déjà réduite par la dégressivité, l’ARCE en tient compte ;
  • l’ARCE est soumise à la CSG et à la CRDS, d’après France Travail.

Le montant de votre allocation journalière dépend de votre salaire de référence : voir notre guide sur le calcul de l’allocation chômage. France Travail propose aussi un simulateur des aides à la création ou reprise d’entreprise.

Sources : Unédic, fiche ARCE ; Unédic, « Je veux créer mon entreprise » ; francetravail.fr, « ARCE » ; service-public.gouv.fr, F15252 ; Unédic, règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024, texte consolidé, article 35.

Comment l’ARCE est-elle versée ?

L’ARCE est versée en deux montants égaux :

  • le 1er versement, la moitié de l’aide, intervient au début de l’activité, une fois toutes les conditions réunies. Si vos droits à l’ARE s’ouvrent plus tard, il intervient à leur ouverture, après les éventuels différés d’indemnisation et le délai d’attente (voir délai d’attente et différés) ;
  • le 2nd versement intervient six mois après le premier.

Pour le second versement, deux conditions :

  • l’activité non salariée pour laquelle l’ARCE a été accordée existe toujours (attestation sur l’honneur ou autre document demandé par France Travail) ;
  • vous n’exercez pas d’emploi en CDI à temps plein. Vous le déclarez sur l’honneur, et France Travail le vérifie aussi à partir des données de la déclaration sociale nominative (DSN).

Cette seconde condition s’applique depuis le 1er avril 2025 : si vous avez créé ou repris l’activité avant cette date, seule compte la poursuite de l’activité. Et depuis le 1er septembre 2026, elle ne s’applique pas aux créateurs ou repreneurs d’une SCOP qui y travaillent en CDI à temps plein.

Sources : service-public.gouv.fr, F15252 ; Unédic, fiche ARCE ; francetravail.fr, « ARCE ».

Quelle différence entre l’ARCE et l’Acre ?

Les deux sigles se ressemblent, mais ce ne sont pas les mêmes aides :

  • l’ARCE est un versement d’argent par France Travail, pris sur vos droits au chômage ;
  • l’Acre (aide à la création ou à la reprise d’une entreprise) est une exonération partielle de cotisations sociales en début d’activité, gérée par l’Urssaf.

L’Acre est une condition de l’ARCE : sans elle, pas de capital. Elle est ouverte notamment aux demandeurs d’emploi indemnisés, s’ils n’en ont pas bénéficié au cours des 3 années précédentes.

L'Acre selon votre statut
StatutAvantageDurée
Micro-entrepreneurTaux de cotisations réduit à 75 % du taux normal (25 % d'exonération)Jusqu'à la fin du 3e trimestre civil qui suit le début d'activité
Autre indépendant ou dirigeant qui contrôle sa sociétéExonération de 25 % des cotisations personnelles si le revenu ne dépasse pas 36 045 € ; dégressive jusqu'à 48 060 € ; nulle au-delà12 mois

Sources : service-public.gouv.fr, F11677 « Acre » ; francetravail.fr, « Devenir entrepreneur : les aides pour financer son projet en 2026 ».

ARCE ou maintien de l’ARE : que choisir ?

Si vous gardez l’ARE, France Travail vous verse chaque mois une allocation réduite selon ce que rapporte votre activité : votre allocation mensuelle moins 70 % de vos revenus déclarés, sans que l’ensemble dépasse la moyenne des salaires qui a servi au calcul de votre ARE. C’est le même mécanisme que pour la reprise d’un emploi salarié, détaillé dans notre article cumuler chômage et reprise d’un emploi. Vous déclarez vos revenus chaque mois, lors de votre actualisation.

Pour une fin de contrat (ou une procédure de licenciement engagée) depuis le 1er avril 2025, ce cumul est limité à 60 % de vos droits restants au démarrage effectif de l’activité, comme l’ARCE. Une fois ce plafond atteint, vous pouvez demander à l’instance paritaire régionale (IPR) de poursuivre le cumul sur les 40 % restants, si votre activité est effective et ne vous a procuré aucun revenu, dividendes compris.

Créer son entreprise au chômage : les deux options
OptionVersementRetraite de base
Maintien de l'ARE (cumul)Chaque mois, selon vos revenus d'activité, dans la limite de 60 % des droits restantsPériodes assimilées, prises en compte pour valider des trimestres
ARCECapital de 60 % des droits restants, en deux fois à six mois d'intervalleNe permet pas de valider des trimestres

Le choix dépend de votre projet. Parlez-en avec votre conseiller France Travail avant de vous engager, car une fois l’ARCE choisie, vous ne pouvez plus cumuler l’ARE avec les revenus de l’activité.

Sources : francetravail.fr, « Devenir entrepreneur… en 2026 » ; Unédic, « Je veux créer mon entreprise » ; service-public.gouv.fr, F15252 ; francetravail.fr, « ARCE ».

Peut-on cumuler l’ARCE et un salaire ?

Les sources officielles ne posent qu’une limite liée à un emploi salarié : pour recevoir le second versement, vous ne devez pas être en CDI à temps plein (sauf dans votre propre SCOP depuis le 1er septembre 2026). Elles ne disent rien de plus sur un CDD ou un emploi à temps partiel : faites confirmer votre cas par votre conseiller avant de signer.

Si vous perdez ensuite un emploi salarié, l’Unédic indique que vous pouvez reprendre le reliquat de vos allocations, après un différé. Pour une ARCE attribuée avant le 1er avril 2025, France Travail permet même cette reprise sans cesser l’activité non salariée, si le second versement a eu lieu à partir du 1er juillet 2021 et si le contrat de travail a pris fin après l’attribution de l’ARCE.

Sources : service-public.gouv.fr, F15252 ; Unédic, « Je veux créer mon entreprise » ; francetravail.fr, « ARCE ».

Comment demander l’ARCE ?

  1. Parlez de votre projet à votre conseiller France Travail (ou à l’organisme qui vous accompagne).
  2. Créez ou reprenez l’entreprise après la fin de votre contrat, sur le guichet des formalités des entreprises.
  3. Demandez l’Acre à l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité.
  4. Remplissez la demande d’ARCE auprès de France Travail.
  5. Envoyez le justificatif de création ou de reprise : justificatif d’immatriculation au registre national des entreprises (RNE), extrait K ou Kbis pour une activité commerciale, ou synthèse INPI, ainsi que le justificatif d’attribution de l’Acre.

Sources : service-public.gouv.fr, F15252 ; Unédic, fiche ARCE ; service-public.gouv.fr, F11677.

Que se passe-t-il si l’entreprise s’arrête ?

Si l’activité créée ou reprise cesse définitivement, vous pouvez récupérer les droits à l’ARE qui vous restaient la veille de la création, diminués du montant de l’ARCE versé. Il faut pour cela vous réinscrire comme demandeur d’emploi dans un délai de 3 ans à compter de l’ouverture de vos droits, augmenté de la durée totale de ces droits. Au-delà, ils sont perdus.

Si vous ne receviez pas l’ARE, par exemple parce que vous avez créé votre entreprise dès la fin de votre contrat sans demander vos allocations, l’Unédic prévoit deux cas :

  • après la perte d’un emploi salarié : vous pouvez ouvrir des droits au titre de cet emploi en vous inscrivant dans un délai de 12 mois allongé de la durée de la création ou de la reprise. La fiche de l’Unédic indique pour ce délai une limite de 2 ans dans une phrase et de 3 ans dans la précédente : faites préciser la date limite par France Travail ;
  • après une démission pour créer : la démission est considérée comme légitime si vous n’aviez pas demandé l’ARE après elle, si la création a donné lieu aux formalités de publicité légales et si l’activité cesse pour des raisons indépendantes de votre volonté. Le délai d’inscription est de 12 mois plus la durée de l’activité, dans la limite de 3 ans après la fin du contrat. Pour les autres cas de démission, voir notre guide démission et chômage.

Sources : Unédic, fiche ARCE ; service-public.gouv.fr, F15252 ; francetravail.fr, « ARCE ».


Sources, consultées le 30 septembre 2026, relues le 1er et le 2 octobre 2026 :

Ce site est indépendant de France Travail, de l’Unédic et de l’Urssaf, et ne remplace pas un conseil personnalisé. Avant de choisir entre l’ARCE et le maintien de l’ARE, faites le point avec votre conseiller France Travail : le choix de l’ARCE vous engage.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les montants et règles évoluent : vérifiez votre situation sur francetravail.fr.