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Guide · Situations

Démission et chômage : dans quels cas êtes-vous indemnisé ?

Démissionner ne ferme pas toujours la porte de l'indemnisation.

Mis à jour le

En principe, une démission est un départ volontaire qui n'ouvre pas droit au chômage. Mais il existe des exceptions importantes : les démissions dites légitimes, et le projet de reconversion professionnelle.

Ce que vous allez comprendre

Les repères essentiels

  1. 1

    Démission ordinaire

    Sans motif reconnu, pas d'allocation : le départ est considéré comme volontaire.

  2. 2

    Démission légitime

    Une liste de situations (déménagement pour suivre un conjoint, salaires impayés, violences...) ouvre droit à l'ARE.

  3. 3

    Projet de reconversion

    Avec 1 300 jours travaillés sur 5 ans, un conseil en évolution professionnelle avant la démission et un projet reconnu par Transitions Pro, la démission peut être indemnisée.

  4. 4

    Réexamen à 4 mois

    Après 121 jours de chômage non indemnisé, une instance paritaire peut, à votre demande, réexaminer vos recherches d'emploi.

Le principe : pas de chômage après une démission

Une démission est un départ volontaire. Or l’assurance chômage indemnise la perte involontaire d’emploi. C’est pourquoi, en règle générale, démissionner ne donne pas droit à l’ARE.

Mais ce principe connaît des exceptions importantes, qu’il vaut la peine de connaître avant de prendre votre décision.

Les démissions légitimes

Certaines démissions sont reconnues comme légitimes : la réglementation de l’assurance chômage considère que vous aviez une bonne raison de partir, et vous ouvrez alors des droits comme si la rupture était involontaire. Parmi les cas reconnus :

  • suivre votre époux, partenaire ou concubin qui change de résidence pour un motif professionnel (mutation, nouvel emploi, création d’entreprise ; pas un départ à la retraite) ;
  • des salaires impayés, à condition de fournir la décision du conseil de prud’hommes qui condamne l’employeur à les verser ;
  • des actes délictueux subis au travail (violences physiques, harcèlement sexuel notamment) ou des violences conjugales, avec le récépissé du dépôt de plainte ;
  • un mariage ou un PACS qui entraîne un changement de résidence, si moins de 2 mois séparent la démission (ou la fin du contrat) de la date du mariage ou du PACS ;
  • la perte d’un nouvel emploi en CDI, pris après une démission, auquel l’employeur met fin (licenciement, rupture de la période d’essai) avant 65 jours travaillés, si vous justifiiez avant de 3 ans d’affiliation continue à l’assurance chômage.

La liste complète est fixée par l’article 2 du règlement général d’assurance chômage.

Sources : Unédic, fiche « Démission », mise à jour le 25 novembre 2025 ; règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024, texte consolidé du 1er septembre 2026, article 2, § 2, d) et l) (mariage ou PACS, nouvel emploi en CDI). Lus le 1er octobre 2026 et relus le 2 octobre 2026.

La démission pour reconversion professionnelle

Depuis le 1er novembre 2019, un salarié en CDI peut démissionner pour mener un projet de reconversion (formation ou création d’entreprise) tout en percevant l’ARE, à condition de :

  • justifier de 1 300 jours travaillés continus au cours des 60 mois (5 ans) précédant la démission ;
  • être accompagné par un conseil en évolution professionnelle (CEP), demandé avant la démission auprès d’un opérateur agréé (France Travail et les missions locales n’en font pas partie pour ce dispositif) ;
  • faire reconnaître votre projet comme « réel et sérieux » par la commission Transitions Pro de votre région ;
  • vous inscrire à France Travail dans les 6 mois qui suivent l’attestation, puis mettre en œuvre votre projet : France Travail le contrôle dans les 6 mois.

L’ordre des étapes est crucial : sans CEP avant la démission, pas d’ARE. Il est aussi vivement conseillé d’attendre la décision de Transitions Pro avant de démissionner : si elle est négative, vous n’aurez pas droit à l’indemnisation.

Source : Unédic, fiche « Démission pour poursuivre un projet professionnel », mise à jour le 20 novembre 2025, lue le 1er octobre 2026 et relue le 2 octobre 2026.

Le réexamen après 4 mois

Si vous démissionnez sans motif reconnu, tout n’est pas perdu. Après 121 jours (environ 4 mois) de chômage non indemnisé, vous pouvez demander que l’instance paritaire régionale réexamine votre dossier au vu de vos efforts pour retrouver un emploi. Si sa décision est favorable, l’allocation est versée à partir du 122e jour. Ce délai est prolongé en cas d’arrêt maladie de 21 jours ou plus.

Source : Unédic, fiche « Démission », mise à jour le 25 novembre 2025, lue le 1er octobre 2026 et relue le 2 octobre 2026.

Avant de démissionner. Renseignez-vous en amont : un même départ peut, ou non, ouvrir des droits selon la procédure suivie. Un conseil en évolution professionnelle (CEP), gratuit, peut sécuriser votre projet (Unédic, fiche « Démission pour poursuivre un projet professionnel », mise à jour le 20 novembre 2025).

Sources officielles

Consultées le 1er octobre 2026 et relues le 2 octobre 2026.

À retenir

  • Une démission « ordinaire » n'ouvre pas droit à l'ARE.
  • Certaines démissions sont « légitimes » et ouvrent des droits (suivi de conjoint, salaires impayés, etc.).
  • Un projet de reconversion reconnu « réel et sérieux », préparé avec un conseil en évolution professionnelle avant la démission, peut ouvrir des droits.
  • Après 121 jours (environ 4 mois) de chômage non indemnisé, vous pouvez demander un réexamen de votre situation.

Questions fréquentes

J'ai démissionné pour suivre mon conjoint muté, ai-je droit au chômage ?
Oui, c'est l'un des cas de démission légitime reconnus, si votre époux, partenaire ou concubin change de résidence pour un motif professionnel (mutation, nouvel emploi, création d'entreprise…). Ce n'est pas le cas s'il part à la retraite. Source : Unédic, fiche « Démission », mise à jour le 25 novembre 2025.
Comment fonctionne la démission pour reconversion ?
Vous devez être en CDI et justifier de 1 300 jours travaillés continus sur les 60 mois précédant la démission. Avant de démissionner, vous devez être accompagné par un conseil en évolution professionnelle (CEP). Votre projet doit ensuite être reconnu « réel et sérieux » par la commission Transitions Pro de votre région, dont il est vivement conseillé d'attendre la décision avant de démissionner. Vous avez alors 6 mois pour vous inscrire à France Travail et demander l'ARE. Source : Unédic, fiche « Démission pour poursuivre un projet professionnel », mise à jour le 20 novembre 2025.
Et si ma démission n'entre dans aucun cas ?
Vous ne percevez pas l'ARE immédiatement. Mais après 121 jours de chômage non indemnisé, vous pouvez demander un réexamen de votre dossier par l'instance paritaire régionale, qui juge vos efforts de recherche d'emploi. Source : Unédic, fiche « Démission », mise à jour le 25 novembre 2025.

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Cette page est fournie à titre informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Pour votre situation, vérifiez les montants et conditions à jour sur francetravail.fr ou contactez votre conseiller.

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